Édito

Avril 2015

Le mot « quartier », ça implique qu’à un moment, on a divisé. Mais quand on parle du quartier d’une ville, il arrive que la division fasse ressortir une certaine unité.

Lorsque l’on habite en ville, après être un habitant de la dite ville, on est l’habitant d’un quartier. Plus la ville sera grande, plus l’importance de ce quartier habité deviendra capitale.

Ainsi, alors que vous serez en quête d’un logement, ce petit coin de tranquillité, ce havre de paix dans lequel personne n’est sensé vous chercher des noises, votre recherche, que dis-je ? Cette quête du saint Graal, se fera en fonction du quartier : est-il plutôt familial, étudiant, d’un grand calme, ou très bruyant, ou alors plutôt bobo ? Rive gauche ou rive droite ? Vieille ville, ou bien grands ensembles ?

Et plus l’identité du quartier sera forte, plus vous revendiquerez le fait d’y habiter ! « Les commerçants sont sympas », « Le bar du coin passe de la bonne musique », « le caviste est canon » Mais en fait, à quoi ça tient de vivre ou bien d’appartenir à un quartier ? Parce qu’en vrai, c’est juste une géo-localisation sur google-map. Bon OK, ça a aussi une utilité administrative …

Mais il peut arriver qu’un quartier soit juste un quart de la ville. Pour ma part, je ne me sens pas du tout habitante de mon quartier, je m’y sens loin de tout, un peu comme si le fait de vivre de l’autre côté de la rive m’avait rendue indigne de porter le nom d’habitante de ma ville. En vérité, je me reconnais beaucoup plus dans d’autres quartiers de Toulouse (C’est là que je vis) comme ceux plus proches du centre. D’abord parce que j’y passe B E A U C O U P de temps, et aussi parce que je les traverse souvent. Je squatte partout : un bar, le disquaire, mon boulot.

Et puis surtout j’y croise tout plein de gens que je connais. Je me retrouve à nouveau au collège lorsque je passais la moitié de la matinée à claquer une bise rapide aux copains croisés dans les couloirs. Le fameux « salut ! ça va ? » qui n’attend pas de réponse. Et puis aussi, quelques amis à moi y ont leurs appartements, je connais les commerçants et même la boulangère me demander mon avis sur les nouveaux sandwich, c’est dire !

Dans un monde où l’on dit ne plus connaître son voisin, ben moi j’ai fini par connaître les voisins de mes potes. En fait, un quartier, SON quartier, ce n’est pas obligatoirement le lieu où l’on vit, c’est peut-être simplement un lieu que l’on choisit, volontairement ou non. C’est aussi et surtout un lieu public, c’est la rue, un univers certainement sous-estimé, dans lequel des actes spontanés peuvent émerger de routines très organisées. Un quartier, c’est finalement une sorte de terrain de jeu, mais pour grands.

Charline

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Une réflexion sur “Avril 2015

  1. Eeeh oui sista ! Ce monde merveilleux où tous ceux qui, à l’échelle d’une rue, d’un quartier, d’une ville, … ont ce besoin d’explorer…cette envie de découvrir des espaces variés … avec des richesses diverses qui nous poussent à développer voire modifier nos rapports soci(ét)aux, et cela sans nécessairement se sentir appartenir à UN territoire !!! C’est ça la vie 😉 et c’est ça qui est bon !

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