Artiste du mois

L’invité du mois : Wall Of Death

Belle journée de printemps. Nous avons plus ou moins rendez-vous avec les membres de Wall of Death. On a réussi à les choper juste à la fin de leurs balances du concert prévu ce soir là au Connexion, à Toulouse. L’occasion pour mieux les connaître, et de bavarder autour de notre thématique du mois, à savoir celle du quartier. Et de parler de musique, un tout petit peu…

L : Juste avant de commencer, vous pouvez nous dire quel est votre morceau ou album « totem » ?

Brice : Echoes de Pink Floyd, Très, très original, mais c’est l’album qui me procure toujours autant d’émotions.

Gab : Sea Song de Robert Wyatt.

Adam : En ce moment, je n’arrête pas d’écouter Modern Guilt de Beck.

L : Bon, nous allons maintenant parler de notre thématique du moment : le quartier. Dans son sens large, libre à vous de l’interpréter…

Adam : J’habite à Pantin, dans le 93. J’ai toujours habité là bas. C’est un peu la zone, mais c’est cool. J’adore l’esprit du quartier, qu’il y ait toutes les nations du monde dans mon quartier. C’est pas le meilleur endroit pour habiter, mais c’est chez moi.

Adam

Adam

Brice : Je viens de la campagne, alors j’aime bien connaître les gens qui vivent autour de moi, mes voisins… Ça se perd un peu, j’ai connu ça à Toulouse. Maintenant, j’habite à Montmartre, c’est donc quand même agréable, avec son côté village, popu. Ça reste un putain de quartier qui vit malgré la colonisation des magasins Haute Couture tout pourris.

Mais à côté, il y a une vraie vie, avec la possibilité de voir toujours les mêmes clochards célestes qui sont là depuis 15 ans à raconter le mêmes conneries, mais de manière complètement flamboyante. Ça reste sympa. Et puis Pigalle, ça reste Pigalle.

Gab : J’ai été étudiant en Archi, c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup. Le problème, c’est qu’on pourrait en parler pendant des heures. Mais d’un point de vue global, le quartier, et l’urbanisme en général, c’est d’abord de la politique. Les missions de l’urbanisme, c’est de créer un lien sociétal. On le voit bien avec tout les problèmes. Les gens qu’on a fait venir pour nous aider et qu’on a parqués…

La notion de quartier est régie par la politique. Ce n’est que par une volonté politique forte qu’on peut gérer l’urbanisme et les quartiers correctement. Ce n’est pas trop dans l’air du temps je trouve, en tout cas en France.

Brice

Brice

L : Brice et Gab, vous êtes passés par Toulouse, pour vos études. Du coup, vous avez remarqué des différences entre la vie à la capitale et une ville de province ?

Gab : Je trouve que Paris est un gros rouleau compresseur quand même. C’est un point de vue personnel, mais j’ai partagé ce constat avec pas mal de gens qui viennent de province, et ils sont nombreux. Paris est une ville qui change les personnes, et pas forcément dans le bon sens.

C’est chouette, il y a des trucs supers à faire. Mais quand tu en bouffes au quotidien pendant des années… Moi en tout cas, ça m’essouffle, c’est violent. Pas physiquement, mais violent d’ignorance, de brutalité.

Brice : Sans le contredire, car il a raison… Mais en arrivant à Paris, il y a une telle dynamique, tu te prends dedans. A Toulouse, j’avais une vie étudiante tranquille : quelques répètes, un tour à la fac. On passait notre temps à prendre un café avec les potes. A Paris, c’est vite révolu, on se retrouve à faire 15 trucs à la fois, je trouve ça nourrissant, enrichissant.

C’est usant, mais tu es tout le temps en action, en mouvement. On est obligé de sortir, de découvrir pour X raisons. Je trouve que c’est assez « moteur ».

Gab : Sans aller à Paris, le groupe n’en serait pas là, c’est certain… Mine de rien, j’ai adoré Paris au début. J’aime toujours Paris je veux dire, mais j’en partirai bien si c’était plus simple. En fait, c’est un passage important. A partir du moment où tu as posé tes jalons à Paris, tu peux te retirer un peu et être toujours connecté avec cette ville, notamment dans le travail.

Personnellement, c’est vers ça que je veux tendre. Je rêve de campagne maintenant. A une heure de Paris, tu peux aller pêcher à la mouche dans l’Eure ! Des trucs complèments dingues juste à côté. Quand tu as la chance de ne faire que de la musique, clairement avec une bagnole, tu viens répéter trois jours dans la semaine, puis tu rentres chez toi, c’est réglé. A partir du moment que tu peux éviter les bouchons, t’es peinard.

Gab

Gab

L : Pour résumer, Paris, quand on veut faire de la musique, c’est pas mal, un passage pas obligatoire mais privilégié. Un dernier mot sur l’actu du groupe ?

Brice : Justement, on vient d’enregistrer un album au mois de Décembre, à Long Beach, Los Angeles pour être précis. On sort les premiers mixs. On est très content et il nous reste pas mal de travail de mastering à faire. Il sortira à la rentrée prochaine. En attendant, un peu de vacances, on continue à travailler aussi. Et à la rentrée, si tout va bien, grosse tournée.

Gab : On a bien bossé. Et grâce au système français de intermittence, on se retrouve avec du temps. Ça nous permet d’avoir des projets en parallèle, quels qu’ils soient. Ça faisait longtemps (pour en savoir plus sur son projet).

L : Et bien en tout cas, merci pour votre disponibilité, on a quand même réussi à faire une interview dans laquelle on ne parle presque pas de musique !

Propos recueillis par Cyrille / Jolis dessins de LP

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